S’engager pour la sécurité et la santé de ses salariés : l’exemple de Bouygues

Bouygues Entreprises France-Europe est un acteur incontournable de la construction, un secteur où la sécurité et la santé des collaborateurs sont déterminantes. Nous avons rencontré Catherine Kuntz, responsable du développement hospitalier chez Bouygues Bâtiment Grand Est, une filiale qui compte plus de 1 000 collaborateurs.

La sécurité, pour un géant du bâtiment comme Bouygues, c’est bien sûr essentiel…

Oui, c’est ancré dans la culture de l’entreprise. Notre politique de santé-sécurité a pour objectif le « zéro accident ». Elle se concrétise à travers différentes actions : la formation et la responsabilisation de nos collaborateurs et intérimaires, l’accélération de la démarche « santé/ergonomie », la prise en compte des presqu’accidents *, et bien sûr l’association étroite de nos sous-traitants à notre politique de prévention.

Justement, en quoi consiste cette politique ?

Pour limiter et anticiper les comportements à risque, nos collaborateurs sont formés et accompagnés régulièrement à l’utilisation des matériels, au respect des procédures et modes opératoires, à la connaissance des incontournables de la santé-sécurité… Des règles de sécurité sont définies et appliquées sur tous les chantiers de construction comme de réhabilitation. Connues et respectées par tous les intervenants, compagnons et sous-traitants, ces dispositions simples à mettre en œuvre sont aujourd’hui des incontournables sur les chantiers.

Comment ça se passe sur le terrain ?

La démarche s’appuie sur des équipes de préventeurs et superviseurs expérimentés et qualifiés. Les superviseurs sont en charge des audits chantiers pour contrôler l’application des règles de sécurité et mesurer l’efficacité des actions. Les préventeurs, eux, travaillent plus en amont, sur la préparation du chantier avec un suivi et un accompagnement durant la vie du chantier. Chaque chantier est audité à minima 1 fois par semaine en phase gros-œuvre et 2 fois par semaine ensuite.

Sur les chantiers, nous avons aussi des guides de bonnes pratiques normalisés et appliqués à toute l’entreprise en fonction des tâches à accomplir (coffrage, coulage de béton, levage d’éléments préfabriqués,…). Les équipes se réunissent toutes les semaines pour un quart d’heure sécurité pendant lesquels les compagnons, les chefs et les conducteurs de travaux s’expriment librement sur ce qui fonctionne ou pas et attirent la vigilance sur les nouvelles tâches à venir. Tous les matins, les compagnons font un quart d’heure d’échauffement car nous avons constaté que beaucoup de petits bobos (foulures, contractions musculaires, mal de dos,…) pouvaient être ainsi évités.

Ça c’est pour le versant sécurité. Côté santé, y a-t-il des actions spécifiques ?

Nous mettons un soin particulier à prévenir les addictions (alcool et drogue) qui sont sources de danger pour les salariés et les partenaires. La lutte contre les addictions, basée sur deux volets, le contrôle et l’accompagnement, est un incontournable de notre politique santé-sécurité.

L’ergonomie est également une préoccupation majeure, avec un pôle dédié intégré à la direction prévention santé-sécurité. Dans les bureaux, la préoccupation réside principalement dans la conception des espaces, l’hygiène de vie et le bien-être au travail, ainsi que la limitation des troubles musculosquelettiques (TMS).
Sur les chantiers, nos ergonomes travaillent pour réduire la pénibilité. Cela passe notamment par l’optimisation des postes de travail, la modernisation et l’industrialisation des processus travaux en proposant par exemple du matériel plus adapté sur les chantiers. L’objectif est de rendre le travail accessible à tous quelles que soient les caractéristiques physiques.

C’est un dispositif ambitieux. Porte-t-il ses fruits ?

Les mesures portent leurs fruits mais il faut rester constamment vigilant. Une de nos difficultés est que nous accueillons beaucoup de personnel intérimaire qu’il faut à chaque fois sensibiliser. Les démarches sont globalement bien perçues par tout notre personnel.

Pour aller plus loin :

http://www.inrs.fr
http://www.risquesprofessionnels.ameli.fr/missions/la-prevention.html

* évènements imprévisibles ne provoquant que des dommages matériels