alcool grossesse

Quand le fœtus se met à boire…

Vous proposeriez une bière à un nouveau-né ?

Selon le Baromètre santé 2017 publié par Santé publique France, consommer de l’alcool pendant sa grossesse ne serait pas chose rare. En effet, 10% des femmes interrogées (enceintes au moment de l’enquête ou mères d’un enfant de moins de 5 ans), déclaraient avoir consommé de l’alcool occasionnellement pendant leur grossesse. Un geste qui pourrait avoir eu un impact sur 90 000 naissances…

Par ailleurs, Santé publique France révélait dans une étude publiée en septembre 2018 qu’en France, entre 2006 et 2013, 3 207 nouveau-nés (soit une naissance par jour) avaient présenté au moins 1 conséquence liée à l’alcoolisation fœtale ; 452 d’entre eux (soit une naissance par semaine) présentaient un syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF). Des chiffres inquiétants et pourtant très probablement sous-estimés.

Un peu de vodka dans le placenta ?

L’alcool passe la barrière du placenta. Donc si une femme enceinte consomme de l’alcool, le fœtus aussi. Or, l’organisme de ce dernier est en pleine construction, l’effet d’un seul verre peut avoir des conséquences désastreuses et irréversibles sur son développement. Vous ne donneriez pas de l’alcool à votre nouveau-né ? Dans ce cas, ne le faites pas lorsqu’il est encore dans votre ventre.

Boire de l’alcool peut entraîner diverses complications : retard de croissance, atteintes du système nerveux central, malformations… Le syndrome d’alcoolisation fœtale en est la forme la plus grave. La consommation d’alcool pendant la grossesse représente la première cause de handicap mental non génétique et d’inadaptation sociale de l’enfant en France.

L’état actuel des connaissances ne permet pas de définir le seuil de consommation d’alcool en-dessous duquel il n’y aurait pas de risques pour le bébé.

Ainsi les autorités sanitaires recommandent-elles par principe de précaution de s’abstenir de toute boisson alcoolisée pendant la grossesse. Donc dans le doute, pas une goutte !

Posez-vous aussi la question : si je ne suis pas capable de me passer d’alcool pendant quelques mois, c’est qu’il y a peut-être un problème, non ?

Ne vous laissez pas « soûler » par ceux qui savent

N’ayez pas peur d’affirmer que vous arrêtez de boire pendant la grossesse, n’écoutez pas les personnes qui vous diront « un petit verre, ça peut pas faire de mal » ou qui vous reprocheront de jouer les rabat joies. « Moi j’ai bu pendant ma grossesse et regarde, mon enfant est en pleine forme ». Si tu le dis… Comme pour beaucoup d’autres sujets de prévention, faisons la chasse aux idées reçues et aux fake news !

Et cette vigilance vis-à-vis de votre enfant doit se poursuivre pendant tout son développement. Un mauvais rapport à l’alcool peut avoir des conséquences graves à court et long termes. Il n’y a pas que le coma éthylique et les comportements à risque, une consommation excessive d’alcool chez l’adolescent impactera le développement de son cerveau. N’hésitez pas à aborder le sujet, l’espace jeunes du site Alcool Info service fournit toutes les informations utiles.

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