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Allergie professionnelle

Quand l’allergie au travail est une (vraie) maladie

5 juin 2020 L'oeil de l'expert

Troisième et dernier volet de notre série consacrée aux allergies : les allergies professionnelles. Souvent sous-estimées, elles sont nombreuses et leurs causes sont multiples. Pour nous éclairer sur le sujet, nous laissons la parole à Cécile Oillic-Tissier, ingénieure conseil à la Carsat Alsace-Moselle, dont l’une des missions est la prévention des risques professionnels en entreprise.

Cécile Oillic-Tissier

Qu’est-ce qu’une allergie professionnelle et qu’est-ce qui la différencie d’une allergie classique ?

Comme pour les autres allergies, c’est  une réaction anormale et excessive du système immunitaire, mais cette fois liée à l’exposition à une substance rencontrée au travail. L’allergie peut être d’origine professionnelle ou être aggravée par le travail. De nombreux secteurs d’activité sont concernés.  Les boulangers, coiffeurs, agents des services hospitaliers et agents d’entretien sont particulièrement exposés.

Quelles sont les allergènes les plus fréquents et quels en sont les symptômes ?

Le nombre de substances chimiques et d’agents biologiques responsables d’allergies en milieu professionnel est estimé à 400. De nombreux allergènes sont présents dans les cosmétiques ou les produits d’entretien, mais aussi dans des produits courants comme la farine.

Les allergies peuvent toucher les voies respiratoires (rhinite, asthme, pneumopathie) et la peau (eczéma, urticaire). Ces symptômes sont rythmés par le travail : ils ont tendance à disparaître pendant les vacances et à réapparaître avec la reprise. Les allergies professionnelles sont le plus souvent chroniques et peuvent devenir très invalidantes. 

Les principaux allergènes

Je soupçonne une allergie professionnelle, que dois-je faire ?

En présence de symptômes allergiques, l’origine professionnelle doit être recherchée. Pour cela, il faut connaitre les allergènes auxquels vous êtes exposé et réaliser des tests afin de voir si vous réagissez à l’un d’entre eux. L’enquête menée par le médecin du travail permet de décrire les tâches effectuées et la composition de l’ensemble des produits manipulés. Dans certains cas, un bilan allergologique peut compléter les examens.
Les allergies touchent des salariés plutôt jeunes : 40 ans en moyenne pour l’asthme et 35 ans pour la dermite allergique de contact ou l’eczéma.

Quelles mesures peuvent permettre de vivre avec ces allergies ? Quel est le rôle de l’employeur ?

Lorsque l’allergie est avérée, l’allergène impliqué doit être évincé du poste de travail, mais aussi à la maison. Dans le cadre de la prévention des risques professionnels, l’employeur doit aussi prendre toutes les mesures nécessaires : identification des substances et produits « à risque », recherche de produits de substitution, mise en place de systèmes de réduction des émissions, de ventilation ou d’aspiration, mise à disposition de masques et de gants, aménagement du poste de travail, et réorientation professionnelle le cas échéant.

Y a-t-il une prise en charge de la Sécurité sociale ?

Certaines allergies peuvent faire l’objet d’une reconnaissance en maladie professionnelle, sous certaines conditions. Mais la complexité de ces pathologies engendre une sous-déclaration en maladies professionnelles. En France, on estime que 10 à 15 % des asthmes ont une origine professionnelle.

Pour en savoir plus :
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/allergies/ 
https://www.asthme-allergies.info/
http://www.inrs.fr/
@prevention_am

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