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Femme qui ronfle

Il/Elle ronfle ! C'est peut être l'apnée du sommeil

5 février 2021 Le dossier du mois

Plus fréquentes et dommageables pour la santé qu’on ne le pense, les apnées du sommeil touchent 4 à 7% de la population adulte en France. Enquête sur ce trouble qui gâche vos nuits et vos jours et qui, en plus, dégrade votre capital santé.

Plus communément nommé apnée du sommeil, le syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) est une pause respiratoire involontaire durant votre sommeil. Selon la Fédération française de cardiologie, ce syndrome méconnu et sous-diagnostiqué touche 4 à 7% de la population adulte en France dont 15% après 70 ans. Plus édifiant encore : 8 personnes sur 10 ignorent qu’elles souffrent d’apnée du sommeil.

Bien souvent, les apnées sont liées à un relâchement de la langue et des muscles de la gorge, qui bloquent le passage de l’air lors de la respiration. Les facteurs favorisants sont multiples : surpoids, âge, tabac… mais les enfants et les adolescents peuvent également être touchés par ce syndrome qui occasionne notamment des énurésies nocturnes (le fameux pipi au lit). 

En réalité, n’importe qui peut présenter un épisode d’apnée durant son sommeil et cela ne signifie pas forcément qu’il y a un risque pour la santé. Les « pauses » respiratoires normales restent de manière générale courtes et sans impact sur le réveil. Cela devient problématique (et mauvais pour votre santé) lorsque votre respiration s’arrête plus de 5 fois par heure et ce durant au moins 10 secondes. C’est à ce moment-là que l’on commence à parler d’apnée du sommeil.

1 apnée = 1 micro-éveil

En simplifiant à l’extrême, lors d’une période d’apnée, les poumons ne sont plus alimentés en air et votre cerveau envoie alors un signal au corps pour qu’il se réveille, CQFD. Bien souvent, vous ne vous en rendez même pas compte car ces micro-éveils ne sont pas ou très peu perceptibles en raison d’un rendormissement rapide. Durant ces nuits plus ou moins chaotiques pour votre organisme, ces pauses s’accompagnent aussi bien souvent de ronflements.
Cependant, le ronflement n’est pas le seul signe spécifique de l’apnée du sommeil. D’autres symptômes doivent vous alerter : 

  • Une fatigue importante dès le réveil 
  • Une somnolence et des endormissements non contrôlés
  • Des maux de têtes dès le réveil
  • Une difficulté de concentration ou des troubles de la mémoire
  • Une irritabilité
  • Une baisse de la libido

En bout de course, additionnez ces pauses respiratoires aux autres facteurs qui peuvent morceler vos nuits : repas trop riche ou alcoolisé, canicule, stress, ménopause, problème de prostate… et vous vous rendrez vite compte que les calculs sont pas bons (pour votre sommeil et votre santé).

 

Les calculs sont pas bons

 

Car oui, le sommeil joue un rôle primordial sur le plan physique et mental. On vous le disait, en sommeil notre corps produit de nouvelles cellules et le système immunitaire se renforce, le cerveau assimile tout ce qu’il a appris dans la journée. 

Mais le syndrome d’apnée du sommeil engendre des risques qui impactent bien plus que la qualité de vos nuits : augmentation des risques d’hypertension, de maladies cardiovasculaires, de diabète ou d’accidents vasculaires cérébraux (AVC). C’est sans parler des risques liés à la fatigue occasionnée : accidents de la route, du travail… Alors, on consulte ?

Une seule adresse, votre médecin traitant (dans un premier temps)

Si vous pensez être concerné, il est important de consulter votre médecin traitant qui vous orientera vers un centre du sommeil ou un pneumologue spécialisé. À l’issue des tests, de simples habitudes hygiéno-diététiques suffiront parfois à résoudre le problème. Si non, un traitement prescrit par le professionnel de santé vous sera proposé. Il en existe deux principaux. 

Le traitement par ventilation nocturne en pression positive (PPC). Il consiste à porter, durant le sommeil, un masque raccordé à un appareil qui souffle de l'air et impose ainsi une pression permettant de dégager les voies respiratoires. Oubliez l’image de la machine encombrante et bruyante du début des années 80, les dispositifs PPC ont vu leur taille se réduire ces dernières années et devenir nomades au point de s’apparenter à un simple radio réveil sur la table de chevet. Du coup, désolé de vous l’apprendre, mais vous ne serez pas retenu au casting de Top Gun 2.

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Un autre traitement existe : l’orthèse d’avancée mandibulaire (OAM) fabriquée sur mesure. Cet appareil qui ressemble à une gouttière d’orthodontie (ou de sport) avance la mâchoire et dégage ainsi les voies respiratoires durant la nuit. L’adaptation est réalisée par un dentiste qui ajuste l’avancée avec vous jusqu’à ce qu’une position confortable et efficace pour vos apnées soit obtenue. 

Vous l’aurez compris, l’apnée du sommeil est un syndrome discret (on ne parle pas des ronflements) qui pollue vos nuits et vos journées. Pourtant, une fois diagnostiqué, il se soigne très bien. En plus, les traitements bénéficient d’une prise en charge par l’Assurance Maladie. On vous en dit plus sur ameli.fr.

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