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image infirmière qui soigne des patients atteints de la grippe espagnole

La grippe espagnole, un air de déjà vu…

28 mai 2021 Reportage

Il y a 100 ans, un virus grippal décimait 50 millions de personnes. Plus de ravage que la Première Guerre mondiale. Mais quelle a été son origine ? Comment en est-on venu à bout ? OPFM revient sur cette pandémie qui a comme un air de déjà vu…

Espagnole, vraiment ?

Elle était dite "espagnole" parce qu'en 1918, la presse française censurée préférait parler de l'épidémie de l'autre côté des Pyrénées. Dans l’Hexagone, on évoquait une simple « grippette ».

En réalité, les premiers cas de grippe espagnole sont signalés en mars 1918 dans des bases militaires de l'État du Kansas aux États-Unis. L'épidémie se serait ensuite propagée vers l'Europe avec l'arrivée de troupes américaines en France, en avril 1918.

Une « grippette »

Pourtant, la "grippe espagnole" fut bien une épouvantable catastrophe qui fit, dans le monde, plus de 50 millions de morts. En France, le nombre de morts a été évalué à 400 000, un nombre approximatif car les tests diagnostiques n’existaient pas à l’époque.

La grippe espagnole a sévi en trois vagues, de plus en plus meurtrières, touchant d’abord l’hémisphère nord puis sud. Elle a touché sévèrement les jeunes adultes en bonne santé.

Gestes barrières et masques, ça vous parle ?

Les pays ont réagi tous de manières différentes en fonction de leurs moyens, de leur culture. Et des moyens, il y en avait peu… Des pays, déjà confrontés à la tuberculose, avaient réfléchi à des mesures de santé publique. C’était le cas des États-Unis, en particulier à New York, où les mesures contre la grippe espagnole étaient ainsi mieux acceptées.

Les Français furent incités à se laver les mains, à porter des masques et certains furent mis en quarantaine. La population n’avait pas l’habitude et, face à de nombreuses réticences, les mesures ont tardé. Les gouvernements ont préféré cacher les choses pour ne pas affaiblir le moral des troupes et d’une population déjà fatiguée et démoralisée.

Comment a-t-on anéanti la grippe espagnole ?

Vous avez certainement tous sur le bout des lèvres le mot VACCIN…  Eh bien non la pandémie de grippe espagnole n'a pas été stoppée grâce à un vaccin. Le premier vaccin contre la grippe est arrivé bien plus tard, en 1930.

Alors il y a deux raisons à la mise à pied de cette pandémie. La première explication est l’immunité collective. La moitié de la population mondiale a eu la grippe espagnole. Ceux qui n’en sont pas morts ont développé des anticorps qui les ont protégés. La seconde explication est la mise en place et le respect des gestes barrières (masques, incitation à la distance sociale, musées et écoles fermées, désinfection des transports en commun…).

Et le monde d’après, comment était-il ?

La guerre venait à peine de s’achever, le monde était déjà complètement changé. Ce conflit et ce virus ont laissé derrière eux nombre d’enfants et de personnes âgées démunies.

Mais le baby-boom des années 1920 a montré la capacité humaine à se régénérer, tant sur les plans matériel, social et psychologique. La science a pu énormément progresser, la virologie et l’épidémiologie sont devenues de nouvelles disciplines. Nos systèmes de santé socialisés ont pu se mettre en place et l’ancêtre de l’OMS, le comité d’Hygiène de la Société des Nations, est né… 

Après le chaos, la renaissance. On va s’en sortir.

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