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En finir avec l’épidémie de sida

D’ici 2030, on pourrait mettre fin à l’épidémie de sida. En attendant, il reste du chemin à parcourir…

Quelques jours après la « Journée mondiale de lutte contre le sida », votre webzine revient sur une épidémie qui malheureusement est encore d’actualité, plus de 30 ans après la découverte du virus.

Parce que 39 millions de personnes dans le monde sont mortes de la maladie et parce que les progrès des traitements rétroviraux ont tendance à banaliser la maladie et à faire oublier les bons comportements.

La réalité des chiffres

En France en 2016 (1), 6 000 cas de séropositivité VIH ont été découverts et confirment la prédominance de deux groupes les plus touchés : les hommes ayant des rapports homosexuels et les hétérosexuels nés à l’étranger (dont les ¾ nés dans un pays d’Afrique subsaharienne).

Mais les hétérosexuels nés en France constituent aussi 15 % des cas et les usagers de drogues injectables 1%. En Alsace fin 2014 (2), un peu plus de 2 000 personnes étaient bénéficiaires d’une ALD (affection de longue durée) pour une affection VIH/sida (près de 96 000 en France métropolitaine).

À l’échelle du Grand Est, ces chiffres placent la région en 12 e position sur 13.

Depuis 2009, ce sont 1 153 cas de séropositivité diagnostiqués en Alsace (3).

D’abord se protéger et s’informer

Pour ne prendre aucun risque avec le sida, s’informer et informer nos enfants est une priorité. Trop de jeunes (21% des 15/24 ans) pensent aujourd’hui encore que le virus peut se transmettre par un baiser (4) !

Le site ameli vous aidera à comprendre l’infection, son diagnostic et ses traitements.

Et pour se protéger, bonne nouvelle : à compter du 10 décembre, le préservatif, qui reste la base de la prévention, est remboursé par la Sécurité sociale à hauteur de 60 % ! La délivrance, sous forme de boîtes de 6, 12 ou 24 préservatifs, s’effectue en pharmacie sur présentation d’une ordonnance d’un médecin ou d’une sage-femme. Un réflexe indispensable qui protège contre la plupart des maladies sexuellement transmissibles et qui est aussi un excellent moyen de contraception !

Se faire dépister

La thématique de l’édition 2018 de la Journée mondiale, « Connais ton statut », soulignait une fois encore l’importance de ne pas ignorer son statut sérologique, pour bénéficier des traitements suffisamment tôt et pour éviter de nouvelles transmissions.

Malgré 5,6 millions de dépistages réalisés en 2017, 28% des personnes diagnostiquées pour une infection à VIH ont découvert leur séropositivité à un stade avancé et 49% n’avaient jamais été testées auparavant.

Les nouveaux traitements

Un traitement précoce du VIH prévient les maladies, l’invalidité et permet une espérance de vie proche de la normale, en prenant un traitement à vie.

  • Le traitement prophylaxie pré-exposition (PrEP) est une nouvelle méthode de prévention qui propose un médicament contre l’infection aux individus exposés par leurs pratiques à un haut risque. Il intervient en complément de la prévention classique.
  • Le traitement Tasp (treatment as prevention) permet de supprimer la charge virale à des niveaux indétectables chez les personnes séropositives, ce qui réduit aussi fortement le risque de transmettre le virus à d’autres personnes. Lorsqu’un nombre important de personnes vivant avec le VIH sont sous traitement au sein d’une communauté, il est prouvé que cela a un effet préventif sur cette communauté.
  • Le traitement post exposition est un traitement d’urgence qui peut être donné à une personne séronégative après une prise de risque élevée pour éviter la transmission du virus. Cette trithérapie d’un mois doit être prise au plus vite. Après 72 heures elle n’est plus efficace. Il faut savoir que ces traitements nécessitent un suivi médical important, mais qu’ils existent et donnent de l’espoir pour éradiquer l’épidémie.

Et demain ?

L’ONUSIDA, programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida, s’est fixé 3 objectifs ambitieux :

  • A l’horizon 2020, 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique.
  • A l’horizon 2020, 90% de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement anti rétroviral durable.
  • A l’horizon 2020, 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée.

Ces objectifs, couplés à de la prévention primaire, pourraient permettre de faire de la fin de l’épidémie de sida une réalité d’ici à 2030 !

(1) Chiffres Santé publique France.
(2) ARS Grand Est.
(3) Chiffres Santé publique France Surveillance du VIH au 30/06/2018 non corrigés pour la sous déclaration.
(4) Sciences et Avenir, 2018.