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Antiobiorésistance

Les antibiotiques sont précieux, utilisons-les mieux !

11 décembre 2020 Incollables

« Les antibiotiques, c’est pas automatique », « Les antibiotiques utilisés à tort, ils seront moins forts ». Vous avez forcément entendu ces slogans incitant le grand public à consommer moins d’antibiotiques. Et pour cause, aujourd’hui, certaines bactéries sont capables de résister à tous les antibiotiques connus. L'antibiorésistance pourrait en 2050 faire plus de morts que le cancer. Alors que faire face à l’antibiorésistance ? Et comment lutter contre elle ?

Mais c’est quoi l’antibiorésistance ?

Certaines bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques. Le ou les traitements antibiotiques peuvent alors être inefficaces.  Ce phénomène peut conduire à la difficulté, voire à l’impossibilité de traiter certaines infections.

Comment la bactérie devient-elle résistante ?

Les bactéries ont de vrais supers-pouvoirs. Exposées aux antibiotiques, elles évoluent et développent des mécanismes de défense qui leur permettent d’échapper à l’action des antibiotiques. Une fois résistantes, elles peuvent transmettre cette capacité de résistance à d’autres bactéries autour d’elles. 

Pourquoi l’antibiorésistance se développe ? 

Le fait d’avoir utilisé de manière très importante et de façon systématique des antibiotiques en santé humaine et animale est responsable de l’augmentation des résistances bactériennes aux antibiotiques. Plus on détruit les bactéries en les bombardant d’antibiotiques, plus on risque de développer des bactéries qui vont se rebeller et muter pour devenir résistantes.

Chiffres clés 

  • En 2018 dans le Grand Est, 10 221 669 boîtes d’antibiotiques ont été remboursées ; 2 455 561 personnes ont bénéficié d’un remboursement d’antibiotiques.
  • En 2019, la consommation d’antibiotiques amorce une lente diminution en établissement de santé (-9,6% depuis 2015 exprimée en DDJ). Elle baisse de 18% de 2009 à 2019 en secteur de ville lorsqu’elle est exprimée en nombre de prescriptions.
  • Les niveaux de consommation observés en santé humaine en France demeurent 30% au-dessus de la moyenne européenne (données ECDC). Il est donc primordial de continuer à promouvoir et d’amplifier les actions en faveur d’un bon usage des antibiotiques auprès de tous les acteurs concernés : citoyens, patients, professionnels de la santé humaine et animale, et décideurs.

Ce phénomène est-il nouveau ?

L’antibiorésistance n’est pas un phénomène nouveau. Depuis la découverte de la pénicilline en 1928, chaque nouvelle génération d’antibiotiques a vu apparaître des mécanismes de résistance lui correspondant. Les premières résistances à la pénicilline apparaissent en 1940. 

Aujourd’hui, de nouvelles résistances bactériennes se multiplient et poussent les médecins à utiliser des antibiotiques toujours plus puissants, lorsqu’ils existent. L’usage répété de ceux-ci contribue aussi à renforcer l’émergence de résistances en milieu hospitalier. 

La France, mauvaise élève

Au concours du plus mauvais élève de l'Europe en ce qui concerne la consommation d'antibiotiques, la France arrive troisième, juste derrière la Grèce et Chypre. Une surconsommation qui accélère le développement de l’antibiorésistance.

En France, l’antibiorésistance est la cause de 5 543 décès par an chez des patients atteints d’infections à bactéries résistantes et 124 806 patients développent une infection liée à une bactérie résistante, selon une étude du centre européen de prévention et contrôle des maladies.

Les bons réflexes pour limiter l’antibiorésistance

1. Je continue à appliquer les gestes barrières avec précaution.

En effet, même si les virus ne sont pas sensibles aux antibiotiques, les infections virales respiratoires font l’objet de nombreuses prescriptions d’antibiotiques, bien souvent inutiles.  Donc une infection virale respiratoire évitée, c'est un antibiotique préservé !

2. Je prends des antibiotiques uniquement sur avis de mon médecin.

3. Je fais tout le traitement qu’il m’a prescrit (dosage et durée), je n’arrête pas en route. Uniquement ce qu’il faut, quand il faut !

4. Je me vaccine pour éviter les infections et prendre moins d’antibiotiques.

5. Je ne réutilise pas les antibiotiques (et tout autre médicament) sans avis médical.
 

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personnages se serrant la main

Autour des médicaments, les bonnes pratiques existent !

Sandrine
78390 Bois d'Arcy
15 juin 2020

Lorsque mon médecin me prescrit des médicaments, je vérifie systématiquement si je n'en ai pas déjà chez moi. Si c'est le cas, je ne les reprend pas à la pharmacie. Inutile de stocker !

Médicaments

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215

Colette
54700 Pont-à-Mousson
4 mars 2020

Quand il me reste des médicaments, je dis au pharmacien de ne me donner que ce dont j'ai besoin, et pas toute la quantité indiquée sur l'ordonnance.

Médicaments

Haut
321

Annelise
54140 Jarville-la-Malgrange
5 mars 2020

Ne demander à la pharmacie que la quantité de médicaments nécessaire au traitement.

Médicaments

Haut
303

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