Sport santé sur ordonnance

Le sport sur ordonnance : le meilleur des médicaments !

Réflexe santé -

Le meilleur des médicaments, celui qui permet de traiter les maladies cardio-vasculaires, le diabète ou l’obésité, mais aussi de prévenir les récidives de cancer, est accessible à tous : c’est l’activité physique et sportive. Une récente étude vient même de corréler un taux de mortalité réduit de 8% avec la pratique de 30 minutes de sport modérée, 5 jours par semaine !
 
Sport et santé : voilà un sujet qui s’inscrit dans le droit fil de notre campagne régionale « on peut faire mieux ». D’abord parce qu’il prouve qu’avec un peu d’activité physique on peut diminuer sa consommation de médicaments ! Ensuite, parce que c’est à Strasbourg qu’est née l’idée de prescrire du sport sur ordonnance. L’idée étant d’améliorer la vie de malades atteints d’une affection de
longue durée.

Nous avons rencontré le Docteur Alexandre Feltz, le « père » de cette thérapie non médicamenteuse, qui a tellement fait ses preuves, qu’elle est aujourd’hui inscrite dans la Loi de Santé et reprise par 40 villes de France.

C’est en tant qu’adjoint à la Santé de la Ville de Strasbourg ou en tant que médecin généraliste que vous avez eu cette idée ?

« Les deux sont intimement mêlés. D’un côté, je constate avec mes patients diabétiques, qu’avec l’activité physique et sportive, on peut très vite diminuer la prise de médicaments. Mais aussi qu’il est possible de réduire les complications cardio-vasculaires liées au traitement du Sida. Il y a aussi toutes ces études qui montrent qu’avec du sport on diminue de 50% le risque de récidives d’un cancer du sein ou du côlon chez des malades en rémission… Je suis un praticien convaincu de la nécessité de prescrire du sport.

Et en tant qu’adjoint à la Santé de la ville de Strasbourg, c’est un enjeu de santé publique d’enrayer « l’épidémie » de diabète qui touche fortement l’Alsace. Ou encore d’améliorer la vie quotidienne des patients qui souffrent d’une affection de longue durée (maladies cadio-vasculaires, diabète, obésité, hypertension, VIH). Ainsi que des personnes âgées fragilisées, en les incitant à la pratique d’une activité physique régulière et modérée ! »

Dans le dispositif Sport sur Ordonnance, quel est le rôle du médecin ?

« Plus de 330 généralistes strasbourgeois -quasiment tous – ont déjà prescrit du Sport sur Ordonnance. Ce dispositif leur permet de passer de la préconisation d’activités physiques adaptées à la pathologie de leur patient, à la prescription médicale d’activités. Le rôle du médecin est primordial, car c’est lui qui motive le patient, en lui expliquant tout ce qu’il a à gagner en bougeant plus. Et les résultats peuvent être rapides. Pour les diabétiques de type 2 par exemple : avec 30 minutes d’exercice tous les jours, on diminue très vite sa prise de médicaments. Avec l’hypertension, c’est un peu plus long. Mais c’est quand même un énorme progrès pour des patients qui commencent souvent un traitement pour la vie ! »

Que fait ensuite le patient avec son ordonnance de sport ?

« Il contacte le service Sport Santé sur Ordonnance de la Ville de Strasbourg. C’est lui qui va faire passer des tests de capacité physique pour l’orienter vers la ou les pratiques les mieux adaptées à
sa pathologie. Chaque semaine 800 malades pratiquent une activité dans l’un des 80 groupes collectifs (pluri-maladies) animés par un éducateur sport santé de la ville ou une association partenaire. La dynamique collective est aussi très bénéfique aux malades.

D’autant que le niveau d’intensité de la pratique est plus important que le choix du sport pour être efficace ! Actuellement, la première année de suivi et d’activité est totalement gratuite. Elle est prise en charge par les partenaires du dispositif strasbourgeois (le régime local d’Assurance Maladie, l’ARS Grand Est, Direction régionale Jeunesse et Sports, le Conseil départemental 67). Pour la 2e et la 3e année, nous demandons une participation de 20 à 100 euros par an selon les revenus du patient. »

Il y a aujourd’hui un réseau des villes Sport Santé, une loi votée à l’unanimité en 2016, des décrets publiés en mars 2017. Quelle est la prochaine étape pour que le dispositif se généralise ?

« Il faut penser ce dispositif comme un médicament qui coûte 400 à 500 euros par an et par patient et prévoir une prise en charge par la Sécurité sociale et les mutuelles. Au même titre que d’autres médicaments ou d’autres thérapies bénéficient d’un forfait de remboursement. Ce coût sera vite compensé par moins de remboursements de médicaments, moins de complications et d’hospitalisations. Il faut l’intégrer à une vraie politique de prévention santé. Ce nouveau médicament contre l’épidémie de maladies chroniques est une alternative à l’inflation des dépenses de santé. Strasbourg est fière d’être à l’origine de cette révolution sociétale ! »

 

Sport et santé sur Ordonnance en chiffres

  • 2000 bénéficiaires depuis 2012
  • 30 % d’hommes et 70 % femmes
  • l’âge moyen 52,5 ans, mais les participants ont de 18 à 86 ans
  • 60 % des personnes n’étaient pas en activité professionnelle
  • 60 % des usagers ont des revenus en dessous du seuil de pauvreté
  • 35% présentent une Affection Longue Durée (47% en 2016, en hausse)
  • 330 médecins généralistes prescripteurs

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